À l'occasion du 87ᵉ anniversaire du Parc national de l'Upemba, le Directeur général de l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), Yves Milan Ngangay, a adressé un message fort à la nation et au personnel. Il a salué un « patrimoine vivant » et a rendu hommage au dévouement des éco-gardes et des communautés qui protègent sa biodiversité.
Le message du Directeur général s'articule autour de trois axes majeurs :
- • Hommage aux acteurs de terrain : Il a salué la résilience et les sacrifices des gardes forestiers et du personnel qui risquent leur vie pour préserver ce sanctuaire naturel.
- • Appel aux Congolais : Il a sensibilisé la population à l'importance de s'approprier ce trésor national et de soutenir la conservation pour les générations futures.
- • Cap pour les cadres et agents : Il a encouragé la poursuite des efforts de modernisation de l'institution et a rappelé le rôle central de l'Upemba dans le développement de l'écotourisme congolais, en phase avec la vision des autorités.
Il sied de souligner que la célébration du 87ᵉ anniversaire de ce parc intervient dans un contexte marqué par des défis opérationnels et sécuritaires ayant récemment affecté ses équipes et ses activités de conservation.
Créé en 1939, le Parc national de l’Upemba s’étend sur environ 11 730 km², au carrefour des provinces du Lualaba, du Haut-Katanga et du Haut-Lomami. Il constitue un écosystème de transition entre les forêts d’Afrique centrale et les savanes d’Afrique australe, ce qui en fait une zone de biodiversité exceptionnelle, avec des paysages variés : plateaux, savanes, forêts-galeries et zones humides.
Le parc abrite la dépression de Kamalondo ainsi que plusieurs lacs, dont le lac Upemba et le lac Kisale. Ces milieux aquatiques jouent un rôle important dans la régulation hydrologique du bassin du fleuve Congo. Il est également considéré comme un site majeur de biodiversité aquatique, avec une forte diversité de poissons, dont de nombreuses espèces endémiques.
Un refuge pour plusieurs espèces emblématiques et menacées
Le Parc national de l’Upemba est un refuge pour plusieurs espèces emblématiques et menacées, notamment les éléphants de savane, les hippopotames, les buffles du Katanga, des espèces rares d’oiseaux d’eau et des antilopes adaptées aux zones humides. Le parc est également reconnu pour la présence d’espèces endémiques de poissons et de zones écologiques sensibles.
Cette commémoration met également en lumière le travail des éco-gardes et du personnel de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), engagés dans la protection du parc malgré des conditions parfois difficiles. La direction du parc insiste sur la nécessité de poursuivre les efforts de conservation et de soutien aux équipes de terrain. Au-delà de l’anniversaire, cette célébration est présentée comme un symbole de résilience pour la conservation en RDC.
Le Parc national de l’Upemba (PNU) est l’un des plus anciens parcs nationaux d’Afrique. Autrefois, ces vastes étendues regorgeaient d’une faune abondante, évoluant dans un équilibre écologique fascinant. Cependant, les crises successives qu’a traversées la RDC ont décimé plusieurs espèces, poussant certaines, comme le rhinocéros noir et les grands carnivores, à l’extinction et à la disparition locale.
L'Upemba est adjacent au Parc national de Kundelungu, dont il est séparé par un corridor écologique formant le domaine de chasse de Lubudi-Sampwe, qui, jadis, était essentiel aux migrations animales entre les deux parcs, ce qui n’est plus le cas présentement.
Lyrence Mbuyi K.
