Face à la volonté manifeste du pouvoir de modifier ou de changer la Constitution à tout prix, l'opposition politique réunie au sein de la plateforme « C64 » ne lâche pas prise. Après le sit-in tendu du vendredi 12 juin dernier aux abords du Parlement — réprimé dans la violence avec un bilan provisoire de deux morts et 69 blessés selon les organisateurs —, l'opposition, toutes tendances confondues, affiche sa détermination à faire fléchir le régime de Kinshasa.
Décidément, le spectre de la répression ne semble plus freiner les ardeurs des contestataires. Au contraire, les structures de la plateforme C64 se disent encore plus motivées à s'engager dans un bras de fer politique qui risque de perturber gravement l'activité de la capitale et de mettre en péril la vie de nombreux militants.
Le 8 juillet, date de tous les périls
Pour contraindre le régime de Félix Tshisekedi à reculer devant son projet de réforme constitutionnelle, la coalition C64 projette de marcher directement vers le Palais de la Nation, bureau officiel de l'institution Président de la République et symbole suprême du pouvoir d'État, le mercredi 8 juillet 2026. L'objectif déclaré des manifestants est d'exiger la déchéance du Chef de l'État pour haute trahison. Cette annonce solennelle a été faite ce lundi 15 juin à l'issue d'une réunion stratégique de la plateforme.
Cette journée s'annonce particulièrement explosive. Le Palais de la Nation, qui incarne l'autorité centrale du pays, se trouve géographiquement situé au cœur du centre des affaires et de la zone administrative stratégique de la commune de la Gombe à Kinshasa. Tout débordement ou blocus dans ce périmètre paralyserait immédiatement les institutions nationales.
Il s'agit d'un scénario à haut risque pour les forces de l'ordre. Vouloir sanctuariser et protéger ce symbole de la République pourrait contraindre le pouvoir à l'usage exclusif de la force face aux manifestants, avec la crainte de conséquences désastreuses sur le plan humain et de lourds dégâts collatéraux.
Une tension politique à son paroxysme :
Mobiliser la masse populaire et la diriger vers le bureau officiel du Chef de l'État est déjà interprété par certains analystes proches de la majorité comme une tentative de déstabilisation institutionnelle, voire de renversement du pouvoir établi. Dans tous les cas, les leaders de la plateforme C64 se disent résolus à barrer la route au changement de Constitution, quitte à en payer le prix du sang.
Alors que la tension monte de plusieurs crans dans les deux états-majors politiques, la prudence reste de mise au sein de la population liégeoise de la capitale.
CKM
