Finances et Entreprises publiques sous le contrôle systémique de l’IGF

Finances et Entreprises publiques sous le contrôle systémique de l’IGF

L'Inspection Générale des Finances de la République Démocratique du Congo (IGF) passe à la vitesse de la mondialisation sur le contrôle des finances et des entreprises publiques. Désormais, le contrôle de la gestion des finances publiques par l’Inspection Générale des Finances se digitalise à travers un contrôle systémique, c’est-à-dire un contrôle permanent, en temps réel, interconnecté et analytique, centré sur la traçabilité, la cohérence et la performance des systèmes de gestion publique.

Cette annonce a été donnée par l’Inspecteur Général, Chef de Service de l’Inspection Générale des Finances, M. Christophe Bitasimwa, lors d’une conférence de presse animée par lui-même dans son cabinet de travail mercredi dernier. Il a annoncé également le plan stratégique triennal et directeur de cette digitalisation (SDD-IGF 2026-2028). Cette nouvelle approche de contrôle a été pensée dans le cadre de la modernisation du gendarme financier congolais, 39 ans après sa création.

« De par ses caractéristiques, il (le contrôle systémique) est préventif : permet de détecter les défaillances avant les pertes (fraude, évasion, gaspillages) ; numérique : s’appuie sur l’interconnexion des systèmes d’information (fiscaux, douaniers, paie, marchés publics, etc.) ; analytique : croise et traite des données sur les flux financiers pour repérer les incohérences, établir des cartographies des risques ; structurant : renforce la gouvernance, uniformise les procédures, corrige les failles systémiques ; évolutif : ajuste en continu les méthodes de contrôle aux évolutions technologiques et institutionnelles », a expliqué M. Bitasimwa.

Ainsi, la page de la patrouille financière est tournée, car ayant montré ses limites : « Lourdeur opérationnelle et exigence d’énormes ressources tant humaines que financières ; effets insuffisamment durables dès que la présence de l’IGF se retire, les malversations reprennent ; perception négative d’étouffement des gestionnaires et accusation de cogestion ; travail manuel non adapté à la complexification des flux financiers consécutive à l’évolution technologique à l’échelle mondiale avec l’explosion du numérique », a souligné le numéro un de l’IGF.

Pour l’Inspecteur Général Christophe Bitasimwa, l’objectif n’étant plus seulement d’auditer des pièces comptables ou des dépenses de manière ponctuelle, mais d’avoir une vue d’ensemble des circuits et flux économiques du pays en temps réel pour une sécurisation en amont de l’argent de l’État. « D’où la nécessité d’adopter un nouveau paradigme basé sur un contrôle systémique et intelligent, fondé sur la maîtrise de la donnée, la traçabilité et l’analyse intégrée de tous les circuits financiers (économiques, fiscaux, douaniers, budgétaires, parafiscaux, bancaires, etc.) ».

Le plan stratégique triennal et directeur de digitalisation de l’IGF se décline en 6 points que sont :

  • 1. Transformation digitale de l'institution : qui prévoit la modernisation des outils de travail, la numérisation des procédures de contrôle et l'automatisation de certaines opérations d'audit.
  • 2. Contrôle basé sur l'analyse des risques : qui prévoit la mise en œuvre d'un système d'identification des secteurs et entités à haut risque de mauvaise gestion.
  • 3. Protection du patrimoine public : Il s'agit ici du renforcement des mécanismes de sauvegarde des actifs de l'État et de la prévention des détournements.
  • 4. Renforcement de la transparence financière : par l'amélioration de la traçabilité des dépenses publiques et un accès renforcé aux informations financières.
  • 5. Amélioration de la qualité de la dépense publique : qui prévoit l'optimisation de l'efficacité des dépenses publiques et la réduction des gaspillages dans la gestion budgétaire.
  • 6. Modernisation des outils de supervision : avec le déploiement de plateformes numériques de suivi et de contrôle en temps réel des finances publiques.

À noter qu'avec cette réforme, l'IGF ambitionne de passer d'un modèle de contrôle essentiellement correctif à un système proactif, capable d'anticiper les irrégularités avant leur survenance. Pour le Chef de Service Christophe Bitasimwa, cette transformation marque une étape importante dans l'évolution des instruments de contrôle des finances publiques, dans un contexte où la digitalisation et l'exploitation des données deviennent des leviers centraux de la gestion publique.

CKM

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