La sortie de la crise politique et sécuritaire de la RD Congo est au centre des discussions dans le monde occidental. Les Américains et les Européens (l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, les États-Unis, la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse ainsi que l’Union européenne), qui se réunissent au nom du Groupe de contact international pour les Grands Lacs, exhortent le régime de Kinshasa à une solution politique comme unique voie de sortie de crise.
Réuni à Stockholm les 20 et 21 mai, le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs se prononce pour un dialogue politique et inclusif. Face à cela, il intensifie la pression diplomatique contre le régime de Kinshasa afin d’ouvrir ce dialogue sans délai.
En reprenant cette formule dans leur communiqué final, les partenaires occidentaux de la RDC affirment désormais que la sortie de la crise congolaise passe par un processus politique plus large associant les différentes composantes nationales. Cette pression diplomatique intervient alors que l’Angola tente de structurer un processus politique régional autour d’une feuille de route officiellement transmise à Kinshasa.
Les conditions de Kinshasa face au dialogue
Kinshasa accepte le principe du dialogue, mais sous ses propres conditions. En effet, ce « Oui aménagé » de Kinshasa pose problème pour un dialogue politique totalement inclusif. Le régime rejette l’idée d’un dialogue sans garde-fous tel qu'énoncé par les partenaires extérieurs, et impose ses principes stricts, notamment :
- • Le lieu : Le dialogue doit impérativement se tenir à Kinshasa ;
- • L'exclusion des condamnés : Les personnes condamnées par la justice n’ont pas droit au chapitre ;
- • Aucune reconnaissance : Refus catégorique de légitimer les groupes armés ;
- • Pas d’intégration militaire : Pas d’intégration des membres de groupes rebelles au sein de l'armée nationale (FARDC) ;
- • Pas d’amnistie : Aucune amnistie ni rémission de peines pour les condamnés d’insurrection armée, de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité ;
- • Sanctuarisation des institutions : Aucune remise en cause des institutions issues des élections de 2023 ;
- • Pas de partage de pouvoir imposé : Rejet de toute transition ou partage des postes hors cadre constitutionnel.
Toutefois, dans un contexte où certains observateurs redoutent une impossibilité d’organiser les élections en 2028 pour des raisons sécuritaires persistantes, la question du dialogue politique reste, pour beaucoup, une thématique incontournable de l'arène congolaise.
Betu Kumeso
